Rhums et arrangements

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Aux Antilles, la palme de la boisson alcoolisée la plus consommée revient sans hésitation au rhum.
Et oui, que vous soyez en Martinique, en Guadeloupe ou ailleurs, tous les chemins mènent au rhum ; la faute à la betterave sucrière. En effet, depuis que ce légume est cultivé, la canne à sucre n’est plus légion – seule la fabrication du rhum pouvait redorer ses lettres de noblesse.

Découvrez son histoire, sa fabrication et ses modes de consommation ci-dessous.

Histoire

Originaire d’Asie, la canne à sucre a été introduite aux Antilles par Christophe Colomb au XVIème siècle. Même si les esclaves consommaient d’ores et déjà du jus de canne fermenté, ce n’est qu’au XVIIème siècle et plus précisément en 1640 que les premières eaux-de-vie à base de canne font leur apparition. Mais c’est seulement en 1667 que le père du Tertre, consigne dans ces écrits l’existence du rhum. Cet ecclésiastique à la curiosité affûtée crée d’ailleurs un alambic destiné à la distillation de ce précieux liquide. En 1694, un autre religieux, le père Labat continue les travaux de son prédécesseur et perfectionne son alambic. Après de nombreuses années de travail, il aboutit à l’amélioration du procédé de fabrication du rhum, toujours en vigueur de nos jours.

Au XIXème siècle, la découverte du sucre de betterave en France rend les plantations antillaises de canne à sucre superflus. Pour se reconvertir, les exploitations se tournent donc vers la production de rhum ; plus de 300 distilleries naissent alors un peu partout aux Antilles. Aujourd’hui, il n’en reste plus que vingt dont neuf en Guadeloupe et onze en Martinique notamment à cause de la concurrence des autres pays des Caraïbes et de l’Amérique du sud.

A noter qu’en novembre 1996, le rhum martiniquais a obtenu une Appellation d’Origine Contrôlée (A.OC.) preuve de sa qualité. Quant à la quantité, la Martinique produit jusqu’à 2,5 millions de bouteilles de rhum par an.

Fabrication

Le fabrication du rhum se fait en cinq étapes :

1. A partir du mois de février, la canne à sucre est récoltée (soit manuellement, soit à l’aide de machines) et acheminée jusqu’aux distilleries.

2. Après avoir passé le contrôle, les cannes sont hachées et défibrées pour faciliter l’extraction de leur jus.

3. Elles sont ensuite pressées et broyées pour donner du jus de canne ou vesou.

Les fibres résiduelles de cette opération, appelées bagasse, servent alors de combustible pour les fours alimentant les chaudières.

4. Une fois le vesou filtré, de la levure est ajoutée et le jus est transposé dans des cuves pour fermentation (de 24h à 48h).

5. Finalement, il est temps de distiller le vin de canne, en d’autres termes de séparer l’eau de l’alcool pour produire un rhum incolore atteignant les 50% à 55% de teneur en alcool.Mais la route du rhum n’est pas encore terminée, trois possibilités s’offrent à lui, devenir :

– un rhum blanc : il est placé dans une cuve pendant trois mois avant d’être mis en bouteille.
– un rhum ambré (ou paille) : stocké pendant 18 mois dans des foudres de chêne, ce rhum blanc vieilli possède une couleur légèrement dorée.
– un rhum vieux à 45 degrés : il est entreposé dans des fûts de chêne pendant au minimum 3 ans, ce qui lui donne un goût plus raffiné. A partir de 10 ans de vieillissement, il commence à être excellent.

Dégustation

De loin le meilleur Rhum Vieux de l'île

De loin le meilleur Rhum Vieux de l'île

Bien que le rhum peut être consommé « sec », c’est-à-dire sans rien d’autre mis à part un amortisseur (verre d’eau), il est principalement consommé sous la forme de planteur, de ti punch ou encore de rhum arrangé.

Le planteur est une boisson composée de rhum, d’un zeste de citron vert, de sucre de canne et de jus de fruit.

Le ti punch, quant à lui, est beaucoup plus populaire et se décompose de la sorte :

Rhum, sirop de canne en Martinique (ou sucre de canne roux en Guadeloupe), zeste de citron vert.
Aux Antilles, cette boisson alcoolisée se prête à toutes les occasions et se consomme à toutes les heures, même le matin (on appelle cela le décollage ou la mise à feu).

Enfin, le rhum arrangé est un rhum dans lequel on a fait macérer des plantes, des fruits, des écorces ou des épices. Ainsi, chacun peut se préparer son propre rhum arrangé en y mettant les ingrédients de son choix.

Cocktails célèbres

Le rhum est la base de plusieurs cocktails (mélange de divers alcools, jus de fruit ou sirop) dont voici les plus connus :

– Mojito : 2 mesures de rhum blanc, du sucre de canne, 1/2 citron vert, quelques feuilles de menthe, le tout allongé avec de l’eau gazeuse.
– Daïquiri : 1 mesure de rhum blanc, ½ mesure de jus de citron vert et de la glace.
– Pina Colada : 2 mesures de rhum blanc, 3 mesures de jus d’ananas, 1,5 mesures de crème de noix de coco et de la glace.


Lors de votre séjour aux Antilles, vous pouvez visiter les lieux suivants pour plus d’informations :

– Musée du rhum Saint James à Sainte-Marie (Martinique)
Musée du rhum de Sainte Rose (Guadeloupe)

Site officiel : www.musee-du-rhum.fr

– Centre culturel « Le pays de la Canne » à Port Louis (Guadeloupe)




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